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Matériel multi-media  (audio et video) en préparation concernant ECR, la CLÉ, l'article 41 : Surveillez notre site dans les prochains jours.

Note de mars 2001:  Relisez ce texte émis pour la première fois en 1996 et corrigé en mai 97.  Repensez aux évènements des dernières années en éducation et posez un jugement.  Faites-en nous part.

Le débat sur l'éducation confessionnelle au Québec

Une question d'approche et d'avenir

Mai 1997
pour la Coalition Valeurs Éducation

André Baillargeon
Johanne Schlichter
Pascal Daleau
Marcel Béchard
Paul Gosselin
Luc Tremblay
Louis Robitaille

 

 
Introduction
Où en sommes-nous?
D'où arrivons-nous?
La nature pratique de l'enjeu
Un projet confessionnel, c'est du nouveau!
Les parents vs les spécialistes
Que faire?
 
 

Introduction

Ce document a pour but de présenter notre perception des éléments clés du présent débat sur la confessionnalité dans le système éducatif québécois. 

Bien qu'à ce moment-ci, on puisse croire que les jeux soient faits, il nous apparaît important d'appeler la masse à réagir.  Nous croyons que lors de la réunion plénière des États Généraux qui se terminait le 6 septembre 1996, les membres du comité n'ont pas tenu compte de la volonté clairement exprimée par la majorité des participants durant les deux premières étapes de consultation en ce qui à trait à la confessionnalité dans les écoles.  Il nous semble que des groupes représentant une minorité de québécois sont en voie d'imposer leur point de vue, exigeant une laïcisation presque complète de tous les niveaux de la structure scolaire et plus particulièrement de l'école.

Il est donc normal que le peuple réagisse et exprime clairement et calmement que l'on ne respecte pas sa volonté.  C'est dans ce but que nous tenons à préciser en quoi les recommandations qui seront déposées par les États Généraux ne nous conviennent pas et quelle est l'importance de l'enjeu.

La position exprimée dans les pages qui suivent peut se résumer ainsi:

Nous vivons dans une société qui a rejeté progressivement un système de valeurs, mais qui ne l'a encore remplacé par rien de défini ou d'officiel.  Ce rejet ainsi que l'attitude des québécois face à quelque morale que ce soit, peuvent mieux se comprendre si on se rappelle notre passé et notre situation de francophone d'Amérique du Nord.

Un rejet en bloc, surtout si les valeurs de remplacement ne sont pas définies, risque de nous faire perdre des acquis fondamentaux.  Une expulsion systématique des valeurs et de la confessionnalité porte atteinte au statut de la famille et hypothèque le climat social du futur immédiat.

Une véritable intégration des valeurs confessionnelles dans le vécu scolaire représente une nouveauté et non un retour en arrière.  La vraie liberté et la tolérance ne trouvent leur appui que dans un milieu où un minimum de principes sont respectés.  D'autant plus que les parents en général s'opposent à une démarche irréfléchie et qu'ils sont les premiers intéressés, après les étudiants eux-mêmes.

Les pages suivantes éclaircieront ces points de vue et leurs assises.

 

 

 

Où est le problème dans le fond? 

Le simple bon sens et la raison nous fournissent la réponse: À QUI appartiennent ces enfants?

À QUI?

 

Où en sommes-nous?

Quel est donc ce débat?  La confessionalité et les écoles?  Un problème parmi tant d'autres tels la qualité de l'Éducation, la rationalisation du fonctionnement ou l'intégration des nouvelles technologies pour nous assurer une part dans le prochain siècle.

"Le médium, c'est le message" disait Marshall McLuhan. Le contenant doit nous intéresser plus que le contenu.  Les choix devraient s'effectuer là.  Le véhicule qu'est l'école modèle l'homme et par extension la société qu'il produira.  Le vécu de cette école et son fonctionnement quotidien font partie de sa nature et impriment des sillons dans le comportement de ceux qui la fréquente.

Quels sont ces sillons?

Nous avions besoin d'agir!  Nous avions besoin d'espace, comme disait... Hitler!  Alors d'un livre Blanc, on a fait le ménage dans cette austère et lugubre institution qu'était l'éducation, contrôlée de toutes parts par des religieux.

Jean Chabot, cinéaste québécois et réalisateur de "Sans raisons apparentes", s'exprimait à peu près ainsi au FM de la SRC, récemment:

"Il faut réaliser que nous n'avons plus aucune base absolue pour une morale, un code de comportement pour la société.  Sinon, peut-être un espèce de consensus apparent...  Je crois qu'il faut faire face au vide qu'a laissé le carcan des valeurs catholiques en disparaissant, et générer une éthique plus adaptée au respect de l'humain.  On ne réalise pas l'horreur de certaines situations vécues quotidiennement."

La directrice du Festival du Domaine Forget, donnait ses impressions sur l'édition de cet été 1996:
"Un sentiment d'espoir était partagé par tous les participants.  Le monde a besoin de valeurs et d'espoir et l'art peut contribuer à les produire et les diffuser."

Le spectacle de solidarité pour les gens du Saguenay a permis d'amasser 4 millions de dollars.  Plus d'une centaine d'artistes et de concepteurs ont donné leur temps pour organiser cette soirée.  "On se tient dans le malheur!".  "On est de cœur avec vous!". Tels étaient les messages portés par les participants.  On a aussi entendu quelques interrogations, parfois appuyées: "Pourquoi?"  "Où était Dieu?"

Peut-on entendre de telles remarques dans une société où toutes valeurs chrétiennes auraient disparues?  On ne lutte pas contre quelque chose qui n'existe pas!  Et cette réaction de solidarité ne pourrait-elle pas être associée à un quelconque et lointain "Aimez-vous les uns les autres"?

Plusieurs instances dans cette société ont une structure qui porte le message suivant:

"Ne cherchez pas dans la religion un appui ou une source unique de sagesse.  Cette attitude amène à un déséquilibre et à l'intolérance".

La Place d'Youville et la façade du Parlement québécois n'ont pourtant pas été le théâtre d'intolérance religieuse, cet été.  Lors de l'émeute du 24 juin (pour ne pas dire les émeutes), les jeunes ont manifesté un rejet du cadre qu'on leur impose pour des raisons qui leur échappent.  Un certain désespoir face au cul-de-sac qui se dessine devant eux, sans explications.  Pourtant le 24 juin, c'est le jour du Québec en devenir...

Le Plan, magazine de l'Ordre des ingénieurs du Québec, faisait dans son édition de septembre un portrait très critique de l'éducation au Québec.  Il ne s'agit guère d'un journal d'opinion et la modération est de rigueur dans ce milieu très technique.  Pourtant, ce sont les aspects humains qui retenaient l'attention dans un article présentant le vécu de plusieurs ingénieurs-enseignants du secondaire à l'université.  Un problème de climat, de contenant.

 

 


D'où arrivons-nous?

Jacques Godbout fait la promotion de son dernier film, "Le sort de l'Amérique":

"On ne voit pas que cette bataille de 20 minutes a décidé du sort de l'Amérique entière, et par extension du monde contemporain.  Les États-Unis sont le gendarme de la planète.  La suprématie de la culture anglophone prend appui dans la suprématie de l'anglais en Amérique"

Pourtant le Québec travaille en ambivalence.  "Petit village qui résiste encore et toujours à l'envahisseur", il doit son salut en bonne partie à son attachement religieux.  La symbiose langue / religion a permis de traverser quelques siècles de façon discrète, en donnant une cohérence au tissu social.  Pourtant, le Québec est américain, bon enfant, travailleur et pas compliqué.  Le Québec a appris à composer avec les antithèses et les paradoxes.

Puis, plus près de notre époque, la Révolution Tranquille est venue et des liens plus étroits ont été établis avec l'Europe de notre origine et avec l'Amérique de notre présent.  La "bigoterie" n'y a pas résisté.  Si le Québec n'a pas explosé, le Québécois, oui.  Un mélange de conscience propre et d'ouverture au monde a créé une soif d'interaction.  Les grands chantiers ont été lancés.  Énergie, éducation, santé, culture, tout était en construction.  Les réponses "faites d'avance" ne suffisaient plus.  La Vie était plus grande que notre "petit pain" et il y en aurait sûrement pour tout le monde.  Il fallait sauter les barrières et démolir les murs.  De l'air!

Une génération a porté le flambeau que d'autres lui avaient allumé.  Les Baby Boomer, du fait de leur nombre, ont imposé un climat social plus rapidement qu'à leur tour.  Les allumeurs de flambeau provenaient, eux, des Séminaires...  Leur formation classique les servait grandement pour établir la rhétorique du changement.  Prenant pour acquis, repoussant dans leur inconscient tout le bagage moral buriné dans leur être.  Développant peut-être une conviction questionnable: "l'homme naît avec ces aspirations et ces normes que nous estimons fondamentales".  La tolérance a pris la tête du palmares des vertus, suivie de la solidarité, du respect de la dignité humaine et du Monde.  Puisque de toute façon, la bonté naturelle de l'homme ne pouvait qu'amener le consensus.

Comment de telles valeurs, transmises clairement et avec effort, ne peuvent-elles pas s'implanter et produire du fruit, motiver notre jeunesse?

Les nouvelles technologies ont bon dos dès lors. L'automatisation briserait le climat social et désespérait les jeunes.  Oui, sans doute, car comment pourraient-ils faire confiance à des adultes qui ne tiennent pas parole, qui font la promotion de l'intérêt personnel, dans un contexte où on devra trouver de nouvelles règles pour partager les richesses...

Oui.  Un processus relativement rapide nous a amenés à notre état actuel.  Et nous n'avons pas encore pris le temps de faire le tri sérieusement.

 

 

La nature pratique de l'enjeu

La tolérance commence à subir des attaques.  Excision de clitoris, voile islamique, droits de l'enfant, et plus récemment pédophilie meurtrière et démentielle.  L'expression de l'orientation sexuelle a des limites.  Les règles de fonctionnement de la famille subissent un examen sévère.

On a rapidement oublié les deux (2) jeunes enfants anglais qui ont torturé un bambin avec les atroces moyens du bord et sans raisons apparentes.  On a fait peu de cas de la présence de films très violents dans l'environnement de ces enfants.  Cela semble significatif.  Par crainte de tomber dans le réductionnisme, on saute par-dessus des évidences...  Où est la bonté naturelle et la dignité humaine?

Les anthropologues s'accordent sur le rôle de "ciment" qu'ont les normes d'une société.  Que ce soit parce qu'elles répondent au monde intérieur des individus ou aux besoins de la collectivité, à la conservation de l'espèce où à la mission de l'Homme, les normes de conduite sont le constituant même de toute quête d'épanouissement d'un groupe d'humain.

Notre époque mériterait une mention historique pour sa capacité à déguiser sa propre idéologie, sa propre foi.  On ne veut pas éteindre à jamais les valeurs religieuses.  On veut les remplacer.  On veut faire place nette à une nouvelle cosmogonie unifiée et supra-nationale.  Une conception du bien et du mal, du devoir et du sacré.

La confessionnalité dans les institutions publiques est donc un vestige d'un ancien code moral qui doit faire place au nouveau.

Où seront les différences?

La famille laisse la place à l'individu.  L'individu recherche son épanouissement personnel.  L'État négocie directement avec l'individu, sans intermédiaire, le régit et le motive.  La notion de "majorité-âge adulte" plaçait un écran devant les humains en formation.  On veut une interaction plus directe avec eux.  Ainsi, le couple, le mariage et la famille doivent subir un élargissement, dans leur nature et dans leur fonctionnement.  Ils ne doivent plus être le siège d'une activité autonome et "souveraine" jusqu'à un certain point.

Pas de surprise alors!  La prématernelle à 4 ans.  La dévalorisation du travail de la femme dans le foyer.  La reconnaissance des couples homosexuels.  La sexualité différenciée du mariage.  L'avortement de mineure sans référence aux parents.  La famille reconstituée, norme de facto, qui élimine pratiquement la présence d'un parent légitime, surtout le père, ex-symbole de l'autorité parentale.  Et cet ancien code civil qui se contentait de citer comme norme éthique le comportement d'un bon père de famille?

Mais si tel est le bon vouloir de la majorité, pourquoi s'y opposer?

M. Bernard Lamarre, ing. et président de l'OIQ disait dans un de ses discours:

"Le Québec a un atout majeur comme milieu économique pour les investisseurs.  C'est sa "paix sociale".  Nous avons une longue tradition de conflits réglés de façon pacifique et notre tradition parlementaire est l'une des plus démocratiques et des plus anciennes.  Il y a peu de villes dans le monde où l'on peut circuler presque sans crainte à toute heure.  Le Québec en compte plusieurs."

Et on pourrait ajouter que le comportement des québécois dans à peu près n'importe quelle situation est impressionnant.  Vu sous cet aspect, on pourrait se demander si nous ne serions pas en train de vivre l'utopie de la Cité Grecque, démocratique, telle que n'ont jamais réussi à le vivre, ni les Grecs eux-mêmes, ni ceux qui les ont suivis.

Si on reconnaît cela, il faut reconnaître aussi qu'un tel héritage social n'est pas le fruit de nouvelles idéologies.  C'est la moisson des anciennes valeurs, des anciens codes.

Les nouvelles technologies amènent des inégalités.  La révolution industrielle avait fait de même.  Un certain équilibre a été rétabli par l'épanouissement du syndicalisme.  Un syndicalisme qui, au Québec, a bénéficié de l'appui des catholiques.  Pourquoi?  Parce qu'un code régissant le partage des richesses pouvait être élaboré et défendu à partir du système de valeur catholique .  L'Amérique du Sud est remplie d'exemples de cet ordre.  La gauche semble être un endroit fréquenté par l'Évangile .  Depuis le début, d'ailleurs...

Le christianisme propose une vision de l'homme et de la justice sociale qui ne se trouve pas dans une "boîte de Corn Flakes".  Un système de valeurs ne s'improvise pas. 

Le communisme du 20 ième siècle le laisse voir, malgré des réalisations impressionnantes .  On cite ici les éditeurs de la Pravda:

"The Pravda editors conceded to us that they did not know how to motivate people to show compassion.  A recent campaign  to raise funds for the children of Chernobyl had foundered. The average Soviet citizen would rather spend his money on drink than support needy children. Their own polls had revealed that 70% of Soviet parents would not allow their own children to have contact with a disabled child; 80% would not give money to help; some advocated infanticide. "How do you reform change, motivate people?" the editors asked us."
 (Philip Yancey, 1995:131)

Sur ce même sujet un auteur roumain, Sergui Grossnu, note:

"Si, avant l'introduction de l'éducation athée en Lituanie, les vols, les rapines, les attentats à la vie humaine, les viols étaient des faits très rares, de nos jours, ces cas se produisent quotidiennement.  Pour les délinquants juvéniles, il a fallu créer des cellules dans les bureaux de la milice.  Jamais en Lituanie l'alcoolisme, le meurtre, le mensonge, la malhonnêteté, le refus d'accomplir son devoir n'ont été aussi répandus comme ces dernières années.  Partout, on constate un manque de conscience, chez les employés, les fonctionnaires, dans les magasins, dans les usines, dans les bureaux administratifs, dans les hôpitaux et ailleurs.  La pratique a démontré que l'éducation athée n'a pas été en mesure d'inculquer à la jeunesse de sains principes de morale, et la propagande athée n'a pas réussi à élever le niveau moral de la société."
(Sergei Grossnu, 1979: 62)

On répond souvent que le respect des droits de l'homme, la recherche d'une harmonie planétaire n'ont plus à s'encombrer d'un carcan religieux.  Une justice humaine et rationnelle ferait beaucoup mieux que ce fanatisme sanguinaire qui a généré des conflits inextricables entre les hommes.

En fait, il faut admettre que les hommes n'ont pas besoin de convictions existentielles pour s'affronter violemment.  Il suffit de mettre une rondelle au milieu de la patinoire...

La Bible dit d'elle-même, sans un brin de retenue:

"La Loi de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme..."

Les enjeux réels sont le statut de la famille et la disparition d'un code d'éthique qui a une valeur beaucoup plus grande qu'on peut le saisir.

 

 

Un projet confessionnel, c'est du nouveau!

"La religion, c'est l'opium du peuple".  Les "pushers" se promènent en robes longues, contrôlent les activités et exhibent leur statut fièrement...  Du moins, c'est ce qu'ils ont semblé faire longtemps.

"Vous liez de lourds fardeaux sur le dos des hommes.  Et vous, vous ne les remuez même pas du doigt..."
(Luc 11;46)

Ça vous rappelle quelque chose?

Oui, la religion peut asservir, exploiter et opprimer.  Elle peut soustraire les gens à la réalité et les enfermer dans leur propre aliénation.  La superstition et la sorcellerie ont toujours fait cela, tenant leurs adeptes dans la crainte et l'ignorance.

Les autoroutes font des morts chaque année, brisent des vies et occasionnent des souffrances atroces.  Parlez-en aux ambulanciers...  La solution est simple!  Reconnaissons notre erreur et détruisons-les toutes au nom du respect de la vie...

Vous n'êtes pas d'accord? Le fonctionnement quotidien de notre économie, voire de notre société serait remis en jeu? Alors revisons donc l'usage qu'on en fait: éduquons et innovons.  Nous en tirerons de plus grands avantages, n'est-ce pas?

Très intelligent.  Pourquoi ne pas appliquer cette approche à un type de medium qui a mis des siècles à s'implanter et qui a produit des bénéfices fondamentaux.  Une sorte d'autoroute de la pensée qui conduit l'humain plus directement et plus confortablement vers ses aspirations profondes tout en lui imposant un minimum de contraintes.

 
Si, on ne fait pas cela, c'est qu'on considère qu'il n'y rien qui vaille la peine d'être préservé dans ce qu'on évacue.

"L'orgueil précède la chute..."
(Proverbes 16;18)

Qui aurait le culot de mépriser l'esprit de Cicéron, Aristote, Pythagore, Descartes ou Pascal?  Qui aurait l'audace de les regarder comme des simples d'esprit, des naïfs ou des niais?  De croire que l'émergence de la conscience et du bon sens ne date que de Freud?

Qui?

Nous!

Charlemagne rêvait d'un empire chrétien.  Pourquoi chrétien ?  On peut supposer que la mémoire des moeurs dites "barbares" était encore toute fraîche et que la Vulgate proposait une aubaine.

Et il a inventé.... l'école.

Nous agissons comme si nous, nous avions enfin compris.  Et qu'il suffit de tout balancer par la fenêtre, dans la fondeuse à neige, pour créer un Nirvana "beau, bon, pas cher".  Nous sommes en train de dilapider la fortune de nos prédécesseurs.  Fortune qu'ils ont moins bien gérée récemment.

Sous ce rapport, les valeurs fondamentales de l'Évangile avaient été enfermées dans des vitrines de musées, aseptisées et placées sous surveillance.   L'immobilisme était la garantie de la non-faute.  Nous n'en avons plus voulu.  Mais de quoi n'avons-nous plus voulu?

En fait, un vrai projet confessionnel, c'est nouveau.  On avait une éducation élitiste et sclérosée sous des teintes de christianisme.  Nous avons voulu un éducation populaire, ouverte et progressive dégagée du pouvoir de castes.  Quoi de plus "évangélique"!

Vomir l'Église en même temps, ça créait de l'ambiance et extériorisait les frustrations.  La volonté de scandaliser cette même Église nous a poussés à ébranler certaines fondations plus immuables.

Relisez le Décalogue.  Discrètement, loin des commentaires ironiques.  Même si le premier commandement vous fait peut-être un drôle d'effet, les autres sont comme... intouchables, toutes réflexions faites.  Quand on a vécu et essayé sincèrement nos utopies, soigné quelques blessures et goûté enfin aux joies simples et profondes de la Vie, le Décalogue perd son allure flétrie ou "off-beat".  Il a de la gueule.  Il se défend.

Puis, arrive ce Che Guévara de Galilée.  Cet emmerdeur, qui même silencieux pétait les oreilles de l'establishment sage et mesuré.  La justice sociale ne ferait-elle pas, alors, ses premiers balbutiements?  Les vraies causes d'oppressions ne seraient-elles pas pointées du doigt?

S'il a fait coulé de l'encre, il a aussi fait couler beaucoup de sang, en commençant par le Sien.  Le sang de toqués qui ont décidé que la solution était là et que:

"Jamais homme n'a parlé comme cet homme..."

Napoléon a dit de lui:

"Je connais les hommes.  Et je dis que Jésus, dit le Christ, n'était pas un homme..."

Ce "Jokerman" comme l'appelle Bob Dylan, sortait "...de l'ancien et du nouveau" des vieux écrits Juifs.  Et tout à coup, tout à coup...  l'espoir était là.  La liberté possible.  La confiance émanait de ces "balises anciennes", gardées précieusement mais incomprises.

Le monde a t-il connu depuis de plus grande folie, de plus grand ébahissement.  En quelle année sommes-nous déjà?

1996 ... années après quoi?

Ce n'est pas de la tradition.   Ce n'est pas de la religion.  C'est du vécu.   Au delà de la trop sacro-sainte tolérance, que voulons-nous promouvoir, privilégier?  Rien ou quelque chose?

Jésus a dit: "Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libres!".

L'Évangile est une force et sa transmission à nos successeurs est un choix défendable.  L'école, lieu d'éducation, doit permettre aux parents qui le veulent de donner à leurs enfants un contexte où les valeurs de base de la société judéo-chrétienne sont respectées et favorisées.

Une école laïque ne peut offrir une telle garantie.  La commission scolaire, c'est une autre histoire.   Mais l'école et son fonctionnement, c'est primordial et décisif.

 

 

Les parents vs les spécialistes

Au delà de l'enjeu fondamental du débat, il y a les acteurs.  Et là aussi un aspect important doit attirer notre attention.

Les premières consultations faites lors des États Généraux laissaient constater que plus de 80% des participants, majoritairement des parents, voulaient conserver l'aspect confessionnel de l'école sous une forme ou une autre.

Peu avant les réunions plénières des États Généraux à Montréal, on nous laissait savoir que plus d'une trentaine d'organismes s'opposaient totalement à toute notion confessionnelle dans la structure éducative québécoise.  Le déroulement des discussions entre les groupes invités à participer semble avoir été dominé par cette option.   Le rapport qui suivra indiquera sans doute que l'élimination de toute entrave à la laïcisation du système scolaire est nécessaire de même que l'abolition de l'article de la constitution de 1867 qui préserverait des droits à une éducation confessionnelle.

Les média ne voient pas de revirement dans une telle démarche.  La population aurait seulement mal répondu parce que les questions ont été mal posées.  Dans les faits, tout le monde serait heureux de cette nouvelle orientation.

Une argumentation bien soutenue a généralement raison de craintes floues, d'hésitations qui ne sont pas clairement motivées.

Bref, un consensus de spécialistes considèrent qu'il ne faut pas s'encombrer d'une réaction préliminaire de la masse des parents et qu'il faut passer à ce qu'ils considèrent un fonctionnement plus efficient de l'école.  N'oublions pas que les raisons premières de la démarche des États Généraux étaient de rationaliser les dépenses et le fonctionnement de ce fourbi de commissions scolaires, de viser l'amélioration de la qualité de l'enseignement, incluant l'intégration des "nouvelles technologies".  L'École de l'an 2000.  Le débat sur la confessionnalité était pourtant un des points centraux de la fameuse loi 107, qui soulève la houle depuis sa formulation.

Mais le portrait est déjà perceptible: les parents vs les spécialistes et leurs syndicats.

"La religion, c'est à la maison!'' nous disent ces derniers. Pourtant, les valeurs, n'est-ce pas en société qu'on les vit? La société des jeunes, n'est-ce pas l'école...?   Alors quelles seront les valeurs promues sous le couvert de la laïcisation?

La réticence des parents a des racines plus profondes qu'on ne pourrait le penser. Ils constatent comment vivent leurs jeunes et ce que produit un système éducatif public où la confessionnalité n'est plus qu'un cadre formel sans application réelle. Rappelons-nous la guerre des distributrices de condoms dans les écoles catholiques de la ville de Montréal. Cette guerre est-elle en train de se régler par la bande? Si oui, le personnel éducatif est en train de lancer aux parents un :  "On fera bien ce qu'on voudra dans NOS écoles et le BON SENS va prévaloir que vous le vouliez ou non!"

Où est le problème dans le fond?  Le simple bon sens et la raison nous fournissent la réponse: À QUI appartiennent ces enfants?

À QUI?

Les spécialistes font appel à la compétence d'une masse de gens très brillants qui colligent, interprètent et structurent l'information tout azimut sur l'éducation de l'humain.  Ces gens très brillants ne sont pas si nombreux.  Piaget et sans doute quelques autres....   Des esprits immergés dans leur analyse systématique du comportement et du développement humain, manoeuvrant des modèles théoriques complexes et/ou transcendants.

Ils ne sont pas tous en accord, ces esprits brillants.  Ils sont humains eux-aussi et leur démarche nécessite des présupposés qui portent sur le souhaitable et le préférable, en fait sur le bien et le mal.  "Packagées" dans leur œuvre, discrètement distribuées, leurs valeurs passent.  Des valeurs, ça se discute, mais cette discrétion efficace est agaçante.  D'autant plus, qu'il n'ont peut-être pas tout le temps nécessaire pour vérifier sur leur propre "famille" les principes qu'ils proposent.  Les conférences, les bouquins, les entrevues, c'est prenant.

De l'autre côté, le parent québécois moyen prépare les lunchs et ramasse les petits à la garderie.  Il les reconduit au hockey ou au patinage artistique, héberge les partys d'ado, passe les clés du "char" et propose la première "bière officielle en famille" à Noël.  Il chemine avec ses petits et braille lorsqu'ils passent à Génie en herbe, au repêchage de la ligue Nationale ou à l'entrevue de la première ''job''.

Il connaît son mousse comme s'il l'avait tricoté et donnerait n'importe quoi pour lui.  C'est particulièrement vrai au Québec.  Il le défend devant l'arbitre, le voisin ou le directeur.

C'est son mousse.

Pol Poth trouvait ça ''nono'' la famille, les vieux.  Lui aussi.

Les parents ont des raisons d'avoir des réticences. Ce sont eux les experts qui ont les deux mains dedans.  C'est la famille qui a donné un mandat à l'état en matière d'éducation et pas le contraire.

L'instruction et la connaissance académique ne sont pas en cause.  La structure administrative des commissions scolaires non plus.  Une éducation de qualité ne peut être trouvée que dans un milieu cohérent et humain.

La façon d'atteindre cette cohérence est la cause même de la division qui oppose les parents et les dirigeants du monde de l'Éducation au Québec.  Les principes du Décaloque, autant pour les musulmans que les chrétiens, ont fait leurs preuves.  Les valeurs de l'Évangile ont porté des fruits dont bénéficie cette société.  Il est donc normal que nous refusions de couper l'arbre qui les a produits.  Une bonne taille, habile et éclairée, est une solution préférable.

De toute façon, la dernière fois qu'on a voulu se débarrasser de Jésus pour de bon, ça n'a pas vraiment marché...

"Qui cherchez-vous?
Jésus de Nazareth, répondirent-ils.
C'est moi..."

Quand on le cherche, on le trouve...

 

 

Que faire...?

Il faut se rappeler que la démarche de consultation est terminée.  Une action cohérente aurait peut-être pu être menée durant la réunion plénière de septembre.  Il semble cependant que les tenants de la confessionnalité ont eu un impact faible durant cette dernière session des États Généraux.  On peut donc nous répondre en soulignant que nos requêtes ont été entendues et qu'une démarche de consultation ne peut plaire à tout le monde.  Nous serions prêts à nous rendre à de tels arguments si le projet de modification au système scolaire semblait être appuyé par la majorité de la population.  Cependant, nous avons la conviction du contraire et il semble que ce soit l'autorité des parents à décider du type d'éducation de leurs enfants qui soit carrément rejetée.

Si c'est le cas, un tel précédent est inacceptable.  Nous devons démontrer que nous représentons une majorité et que nous ne sommes pas d'accord.

Nous suggérons quelques moyens.

Tout d'abord, des lettres transmises aux bureau des députés provinciaux et fédéraux par la poste ou par télécopieur peuvent avoir un impact.  Une pétition peut circuler et être transmise à la Ministre, indiquant les éléments clés avec lesquels nous sommes en désaccord et exprimant clairement que nous voulons que des écoles avec des projets éducatifs confessionnels aient le droit d'exister.  Un site Web (http://199.84.131.201) diffuse en continu des documents présentant notre point de vue et les enjeux de cette démarche.  Ce site Web peut recueillir des appuis et les comptabiliser.  Finalement, une marche pourrait être organisée dans tous les centres importants du Québec prochainement, période où la remise officielle du rapport des États Généraux doit être faite.

Ce qui nous semble essentiel, c'est de se mettre d'accord autour de points simples et clairs, soient:
· l'autorité des parents à décider de l'éducation de leurs enfants doit être respectée;
· le système de valeurs judéo-chrétien n'a pas a être rejeté à priori, sans qu'on précise par quoi il sera remplacé;
· des écoles à projet éducatif confessionnel doivent avoir droit d'existence.

Si vous êtes d'accord avec cette démarche, que vous vouliez l'enrichir, la commenter ou vous y joindre simplement, faites-le nous savoir.

Coalition Valeurs Éducation