La Réforme : Joseph Facal hurle sa colère |
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| Par Joseph Facal*, Journal de Québec, p. 16 6 mai 2009 "Des fois, il ne reste plus qu'à hurler. Encore et encore."
*Note Joseph Facal a été ministre, un membre en vue des gouvernements péquistes et du Parti Québécois. Des remarques aussi dures de sa part ont un poids particulier. Elles sont le signe crédible d'une remise en question profonde d'une certaine élite québécoise. Tout ceci pendant que les "Second Regard" (SRC) de ce monde continuent d'essayer de faire croire que le mouvement pour la défense des droits des parents n'est que le fait de "quelques milliers de conservateurs". De la mauvaise foi, de la pure propagande à nos yeux. ECR, avec son éparpillement au travers des autres matières, est systématiquement protégé par cette réforme qui rejette l'influence parentale à tous les niveaux. Lorsque des intellectuels reconnus se lèvent et clament les évidences qu'on veut faire taire, ce sont de bonne nouvelles !
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L'implantation de la réforme
scolaire sera entièrement terminée au Québec, l'an
prochain Elle repose eut les mêmes principes que des réformes similaires lancées en Suisse, en Belgique et ailleurs : les « compétences transversales », et tout le bataclan que vous connaissez déjà. Grosse différence, toutefois. dans ces pays, dès qu'on a vu que les résultats scolaires piquaient du nez on a immédiatement stoppé les machines. Ici. on a décide de boire le calice jusqu'à la lie. COBAYESDepuis deux cents ans, nos élites ont une sainte peur de l'échec et, comme tout notre peuple, un profond complexe d'infériorité face à la culture. Elles ne pouvaient donc qu'être séduites par une reforme qui promettait! la disparition de l'échec et la réussite pour tous. En cours de route, on a certes corrigé les aspects les plus superficiels de la réforme, comme l'allure des bulletins. Mais l'esprit général est demeuré le même. On a changé les fenêtres et les poignées de porte, mais pas les fondations, ni la division des pièces. Une enseignante dans une école difficile rapportait au journal La Presse . "C'est la première fois que je vois des enfants aussi perdus." "Quand j'ai vu ce que la réforme avait fait d'eux, j'ai eu un choc." "II leur manque des notions fondamentales." Lorsqu'il veut secouer les jeunes, le prof de maths, lui, se fait dire : « Relax man. relax! a «Pourquoi se forcer puisque, de toute façon, on va passer? » LES PREUVESDos cas isolés? Pas du tout. Depuis l'introduction de la réforme, le décrochage scolaire a augmenté. Les résultats de nos élèves dans les comparaisons internationales reculent. Plusieurs sondages indiquent que les enseignants, dans leur grande majorité, sont d'avis que cette réforme nuit aux enfants. Abondent aussi les témoignages d'enseignants qui rapportent les consignes qu'ils reçoivent, sous la menace de sanctions: dans les écoles "difficiles", il faut «évaluer» les enfants de façon y ce que les taux d'échec n'explosent pas. La réalité est donc pire que les statistiques, déjà catastrophiques. Évidemment, dans les quartiers favorises, la plupart des enfants n'auront pas de problèmes particuliers, mais ce n'est pas ce genre d'enfant que cette réforme voulait aider. Bref, les preuves de l'échec complet de cette réforme sont maintenant si massives qu'il faut être de mauvaise foi pour les nier. C'EST PAS MOIToute la classe politique tourne cependant autour du pot pour ne pas dire ce qui crève les yeux : qu'il s'agit d'un naufrage total, dont nous allons payer le prix longtemps. Le PQ ne veut pas porter l'odieux d'admettre que c'est pendant qu'il était au pouvoir - j'y étais - que s'est enclenché ce dérapage colossal. Le PLQ, lui, ne veut pas se faire dire qu'il dort au gaz depuis six ans, alors que s'accumulent les preuves de cet immense gâchis. Personne ne veut être le premier à admettre s'être trompé. Pour ne pas en payer le prix politique. Pour ne pas donner de munitions à l'autre. Alors on se renvoie la balle. Et les enfants pendant ce temps? C'est à hurler, je vous dis. |